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Synthèse rencontre open ESR avec la Coop des communs

Synthèse de la rencontre open ESR avec la Coop des communs : « Diversité des formes de recherche-action »

Le 15 septembre 2020 s'est déroulé la 4e Rencontre Open ESR en format webinaire. Lors de cette session nous avions rencontré l'association La Coop des communs. Replongez dans le webinaire grâce à cette restitution complète des échanges avec les 3 intervenant.e.s.

Contenu sous Licence CC-BY-SA 4.0

Rencontre avec La Coop des communs « Diversité des formes de recherche-action »

Retrouvez l'entretien audio de Geneviève Fontaine pour HackYourResearch précédent le webinaire en cliquant ici.

Présentation du webinaire

  •  Nicole Alix est engagée depuis plus de 40 ans dans le développement de l’économie sociale et solidaire et des communs, et est spécialisée notamment sur les questions bancaires et associatives. Elle préside La Coop des communs depuis sa création en 2016.
  • Geneviève Fontaine est agrégée d’économie et directrice de recherche au sein de la SCIC Tetris (pour Transition écologique territoriale par la recherche et l’innovation sociale). Elle est également chercheuse, titulaire d'une thèse portant sur les communs de capabilités (une analyse des Pôles Territoriaux de Coopération Economique à partir du croisement des approches d’Ostrom et de Sen).
  • Guillaume Compain est à la fois membre de La Coop des communs et doctorant en sociologie à l’Université Paris-Dauphine, avec comme sujet de prédilection le coopérativisme de plateforme comme alternative à l’ubérisation.

 

Ainsi, après une présentation de Nicole Alix portant sur l’intuition de départ qui a conduit à la création de l’association, ainsi que sur son fonctionnement actuel, Geneviève Fontaine et Guillaume Compain ont présenté deux exemples de partenariats réalisés par La Coop des communs avec le monde de la recherche :

  1. le programme de recherche-action participative ACTTES (Activer les Communs de Territoires pour la Transition Écologique et Solidaire);
  2. le partenariat entre Plateformes en communs, groupe-projet de la Coop et TAPAS (There Are Platforms as Alternatives), programme de recherche financé par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et la Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (Dares) et mené par le CEPN (Centre d’économie de Paris Nord).

 

Présentation de La Coop des communs par Nicole Alix

Nicole propose de lancer des pistes à propos de la diversité des formes de recherche-action, en se basant sur son expérience et sur l’histoire de La Coop des communs.

  1. Quelques mots sur Nicole et son implication dans l’origine de La Coop des communs

A partir de sa retraite, Nicole s’est questionnée sur son parcours professionnel dans la banque coopérative. Pourquoi avoir travaillé dans des organisations a-capitalistes ? Ces organisations étaient intéressées par le profil de Nicole (venant d’un monde différent, celui des grandes écoles de commerce, mais avec un profil de militante).

Nicole partage quelques auteurs qui l’ont inspirée : tout d’abord, François Rousseau, un mécanicien qui a fait une thèse à Polytechnique avec pour sujet « Gérer et militer ». Il a beaucoup écrit sur l’implication transgressive des managers. Pierre-Yves Gomez a quant à lui travaillé sur les manières de « faire bouger les lignes de l’intérieur».

La science a toujours aidé Nicole en tant que praticienne à savoir où elle se situait, mais aussi à mettre des mots, des justificatifs. « Des bons concepts, c’est très opérationnel » notamment lors de négociations.

Cependant, si la science est fondamentale dans sa pratique, il lui est parfois difficile de justifier ses positions auprès de chercheurs, quand celles-ci se fondent non pas sur des études mais sur 30 ans de pratique.

C’est pourquoi aujourd’hui il lui semble intéressant de valoriser l’implication de non-chercheurs dans des projets de recherche.

  1. Intuition de La Coop des communs

La Coop des communs avait pour but dès le départ de réunir des personnes de natures différentes : des activistes des communs, des personnes de l’ESS, des chercheurs et des personnes des collectivités locales.

La théorie des communs par E. Ostrom permettait de mettre des concepts sur des éléments concrets vécus (théorie sur l’accès partagé aux ressources, sur la soutenabilité des ressources). La notion de collectif auto-organisé résonnait aussi beaucoup.

Plusieurs personnes disaient qu’une organisation coopérative ne marchait pas sur le long terme. Quand une coopérative devenait trop importante, elle sortait nécessairement de l’idée du coopératif.

Deux points sont centraux pour l’ESS selon Nicole :

  • un modèle qui souffre d’une absence de communication entre les parties-prenantes peut vite s’avérer néfaste : il est important de fonder de l’ESS sur l’écoute entre les membres comme le rappelle E. Ostrom ;
  • dans le mouvement coopératif, le but est le parcours. Un élément soulevé par Jean-François Draperi: il n’y a pas de praxis supérieur, ni de théorie générale de la coopération.


L’intuition de La Coop des communs était que, grâce à des alliances avec des chercheurs, il serait possible de développer une capacité d’action.

  1. Fonctions de La Coop des communs

Nicole résume les 3 fonctions principales de La Coop des Communs :

  • Eclairer, théoriser, cartographier;
  • Relier les communs avec l’ESS : entretenir des communautés apprenantes et décloisonnées est un challenge complexe;
  • Appuyer le développement collectif des membres de la communauté.


Le premier groupe qui s’était lancé au début de La Coop des communs portait sur la protection sociale. Le projet a duré un an et demi. Le sujet n’était pas d’accès très facile, aussi beaucoup de contenus ont été produits afin de permettre la transmission des connaissances entre les membres; et au bout de quelques mois, une personne a demandé à qui appartenait les contenus produits. L’usage de la production était une question importante, ce qui a impulsé la création de la licence Coopyright.

 

Présentation du partenariat entre Plateformes en communs et le programme TAPAS, par Guillaume Compain

Le projet Plateformes en communs (2012-2017) avait pour sujet des alternatives à l’ubérisation en vue de promouvoir d’autres plateformes plus équitables et éthiques.

Guillaume définit tout d’abord ce qu’est une plateforme coopérative :

  • Une plateforme possédée et/ou gérée par des utilisateurs. Pour certaines, les formes de gouvernance sont issues de l’ESS (gestion démocratique, partage équitable de la valeur, finalité sociale);
  • Ces plateformes ont été créées en réponse aux dérives de l’ubérisation (problématiques territoriales, perte de souveraineté locale, extractivisme, etc.);
  • Le concept de « plateforme coopérative » a été important pour unir autour d’un mouvement un certain nombre d’initiatives et d’acteurs. On retrouve des communautés dans différents pays.

Naissance en France

En France, Plateformes en communs est né de ces dynamiques. Il n’y avait alors pas de réflexion pratique et de dialogue pour comprendre comment créer des plateformes alternatives aux grandes plateformes. L’objectif était de penser collectivement cette problématique avec des porteurs de projets et des chercheurs.

En 2017 plusieurs plateformes se sont réunies (Mobicoop, Citiz, Open Food France, Coopcycle) avec comme caractéristiques communes une gestion par leurs usagers et l’implication de différentes parties-prenantes à la gestion de la communauté.

Au sein de ces plateformes, on observe des logiques décentralisées pour faciliter la mutualisation. Certaines plateformes ont fait le choix de l’usage de licences non-propriétaires. Ainsi, Coopcycle a opté pour une licence conditionnelle qui limite l’usage commercial de la ressource au respect des principes coopératifs et de l’ESS. Le partage n’est ainsi ni complètement ouvert ni fermé. Ces plateformes souhaitent être inclusives et solidaires (commission plus légère, tarification modulaire en fonction des usages, focalisation sur des publics exclus) et peuvent s’associer aussi à des acteurs publics et territoriaux.

Plus que des plateformes numériques, il s’agit de projets politiques avec des combats plus globaux concernant une lutte contre le capitalisme numérique ou bien l’intégration de l’ESS dans des logiques plus décentralisés.

Plateformes en commun (PEC) est une communauté apprenante qui casse les murs entre différents types de participants. La mission a été de mettre en réseau des plateformes entre elles. Il y a eu plusieurs rencontres interplateformes, la mise en place de canaux d’échange pour faire connaître ces plateformes notamment vis à vis des services publics, avec une volonté d’acculturer les agents de ces services à ce que sont et ce que portent les plateformes coopératives.

Plusieurs groupes de travail se sont constitués, donnant lieu par la suite à des ateliers sur des projets précis ou des projets autonomes. Des partenariats avec différents acteurs (ex: Caisse des dépôts) se sont mis en place. PEC a été aussi présenté à différents webinaires et a aussi représenté un espace de mise en relation avec les chercheurs, et notamment le projet TAPAS.

TAPAS (There Are Platformes as Alternatives) : projet de recherche académique avec une quinzaine de chercheurs

Plateformes en communs possède une voix dans le comité de pilotage du projet de recherche. La communauté a aidé à mettre en relation les chercheurs avec les plateformes (en favorisant l’accès des chercheurs aux différentes parties prenantes) et PEC représente aussi un terrain d’analyse pour les chercheurs.

TAPAS est un espace d’informations partagé et déploie différentes études de cas avec des logiques d’interaction avec le terrain. Des restitutions intermédiaires sont proposées aux acteurs de terrain (retour et correction avec logique d’essai/erreur pour améliorer la qualité de la recherche). Les chercheurs sont eux-mêmes souvent des soutiens à ces projets.

Autres exemples de collaborations plateformes/recherche

Outre TAPAS, d’autres projets de collaboration entre milieu de la recherche et les dynamiques de plateformes collaboratives existent. Guillaume cite par exemple par rapport à la dimension “communs” la Fabrique des mobilités et l’étude de cas Sharers & workers.

Il existe aussi des projets de plateformes coopératives. Un consortium s’est crée à partir d’une bourse de la part de Google pour développer de la documentation et des modèles afin de faciliter le travail sur le développement de ces plateformes. À Barcelone, il y a par exemple un parcours d’incubation.

La recherche sur les plateformes se fait aussi sous la forme de résidence pour découvrir d’autres projets (par exemple dans la région bruxelloise). La recherche passe ainsi par du terrain et des visites entre pairs.

Les plateformes cherchent à comprendre et analyser ce qu’ils souhaitent produire, impliquant ainsi de nombreux chercheurs (doctorants en CIFRE par exemple). L’objectif est également de diffuser les connaissances produites et de fournir des ressources documentaires pour d’autres (par ex: Open Food Facts). Les oiseaux de passage, coopérative qui développe des offres touristiques alternatives, est également un autre projet issu de recherches académiques sur les communs culturels et le patrimoine.

Pour une tentative de bilan : liens entre recherche et acteurs

Guillaume dresse différents constats de son implication dans PEC et TAPAS. Tout d’abord plusieurs réussites sont à saluer :

  • La création d’une communauté de confiance qui a permis d’instaurer un cadre pour le partage de savoirs;
  • La constitution d’une documentation solide aussi bien par PEC que par les plateformes elles-mêmes favorise une capacité de plaidoyer;
  • La recherche est un angle de départ pour nouer des partenariats très concrets entre différentes institutions.


Des limites sont aussi à prendre en considération :

  • La difficulté de maintenir dans la durée les groupes de travail;
  • Les plateformes ne se projettent pas dans les mêmes temporalités que la recherche, et attendent des résultats à court-terme (espoir parfois de résultats concrets pour les porteurs de projets);
  • Pour TAPAS et PEC, il existe parfois des doublons et des difficultés à communiquer. La logique itérative entre TAPAS et les plateformes se font de manière assez irrégulière. Cela peut mener à des sur-sollicitations dans des groupes de travail d’où l’importance de bien communiquer entre groupe de recherche académique;
  • Il y a aussi des limites au partage de documentation. Au-delà des intentions, cela est plus compliqué à faire dans les faits.

 

Présentation du programme ACTTES par Geneviève Fontaine

Geneviève Fontaine a présenté ensuite le programme ACTTES « Activer les Communs de Territoire par la Transition ». Au départ, il s’agissait d’un groupe de travail au sein de La Coop de communs constitué pour questionner les relations entre les banques et les communs. Le constat initial était un manque de connaissances partagées dans monde de la banque et peu de connaissances parmi les acteurs associatifs de la banque et de la finance.

Cela a donné lieu à deux questions croisées pour ce groupe :

  • Quels sont les questionnements que les praticiens des communs peuvent apporter au milieu bancaire ?
  • Que peuvent apporter les acteurs de la banque comme réflexion sur le monde des communs ?


Trois thématiques ont été choisies autour de la banque, de la finance et des communs :

  • Les données en lien avec PEC;
  • Les communs de territoire : comment fait-on atterrir la banque dans les territoires ?
  • Les outils de la banque qui peuvent être utiles aux communs.


Par la suite, le groupe a répondu à l’appel de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) et d’autres fondations. Cet appel proposait deux niveaux de projets :

  1. projet exploratoire avec une question de recherche ; ou
  2. projet plus consolidé et d’implémentation.

Les membres du groupe ont répondu à l’axe territoire (programme de recherche-action en émergence) avec comme problématique-clé posée : est-ce qu’activer les communs sur les territoires permet de dépasser des silos et le cadre institutionnel associé ?

Le but était d’avoir un peu de financement pour croiser des expériences territorialisées; mais aussi de soulever des questionnements sur la relation avec les institutions bancaires et la transition économique.

8 initiatives, rejointes ensuite par une 9e ont participé à ce programme de recherche-action, impliquant chacune au moins un membre de La Coop des communs, dans une position officielle de chercheur ou de praticien réflexif, véritablement embarqué dans le projet et non pas seulement en recherche surplombante. Ces initiatives concernaient respectivement

  • la mobilité (Cité universitaire Descartes à Marne-la-vallée);
  • la récupération d’objets et construction de communs à partir d’eux (Reims);
  • une coopérative accompagnant la création de jardins partagés (Saluterre, Bordeaux);
  • un collectif d’artistes de rue expérimentant le vivre en commun et l’habitation du territoire dans des logements alternatifs (tentes et yourtes);
  • un questionnement par les communs sur les initiatives de transition par la collectivité de Los-en-Gouell;
  • la transition écologique par les communs (SCIC TETRIS);
  • l’initiative “territoire zéro chômeur de longue durée” (au niveau national);
  • l’accès à l’eau (AFD qui a présenté un cas d’une posture de financeur);


Le dernier projet concernait l’expérience de la SCIC OCRA sur la mise en communs des connaissances, pratiques et des savoirs autour des ocres (dans le Lubéron).

Une grille commune de questionnements a été réalisée pour les 8 initiatives et partagée lors d’un séminaire en mai 2019. Un ensemble d’éléments transversaux en sont ressortis. Dans un deuxième temps, un élargissement de ces thématiques a été fait lors du colloque “Territoire solidaire en communs” à Cerisy. Puis un troisième séminaire a permis d’en tirer des enseignements et de définir un programme de recherche-action.

Que voit-on en termes de posture ?

Concernant la posture des personnes impliquées, Geneviève note que les personnes étaient là au long cours, à la fois dans une posture de praticien et une posture de recherche accompagnée d’une montée en réflexivité. Le but était de trouver des axes transversaux entre les projets. Dans le programme il était prévu d’avoir un tiers veilleur mais très vite celui-ci est devenu acteur du projet car il y avait déjà une émulation présente. La tierce veilleuse a apporté également des éléments au projet.

Résultat ?

Les principaux résultats de ce programme de recherche action

  • La question posée initialement n’était pas forcément la bonne. Plus que la création des communs, les questions qu’amènent à se poser une approche par les communs sont suffisantes pour faciliter le décloisonnement;
  • Dans chacune des initiatives, on retrouve des personnes-frontières. Elles vont avoir ce rôle de parler à plusieurs mondes, de décloisonner et de traduire;
  • Ce qui a été révélé, c’est un impensé de la place et du rôle des outils de gestion dans les initiatives des communs et des transitions. Ces outils sont aussi des actants, ils modifient les actions. Les outils de gestion mal pensés ont un impact et induisent une dérive.

Freins relevés et suite du projet

Geneviève conclut sur les freins essentiels notés suite à ce programme de recherche-action. Tout d’abord, la mise en concordance des temporalités différentes est difficile et est renforcée par une précarité des acteurs et praticiens. Le constat est qu’un programme de recherche-action s’inscrit dans un temps long avec des processus essai-erreur. Il est difficile d’inclure cette démarche sur un an seulement. Des formes de défraiement ou de financement sur des temps plus longs sont nécessaires. Un dernier point concerne le travail sur l’autorat collectif. Ces travaux débouchent sur des productions collectives nécessitant de reconnaître la place des praticiens dans ces projets de recherche.

Un financement avait été demandé pour continuer le programme de recherche-action (CO3 renforcé) mais n’a pas été obtenu. Un autre axe s’est monté autour de la thématique des services de proximité repensé en communs dans le domaine du foncier et de l’agriculture.

 

Questions / Réponses

Quelle est la composition actuelle de La Coop des communs ?

C’est une association de personnes physiques. C’est un choix voulu car il était plus complexe d’associer des personnes morales. Il est néanmoins important de reconnaître que les gens “viennent de quelque part”. Il y a 90 membres aujourd’hui dont 1/3 de chercheurs.

Les groupes de travail sont très importants. Il existe un vade-mecum pour les groupes de travail.

Il y a trois assemblées générales par an.

Quelles méthodes utilisez-vous pour “révéler” des enseignements du terrain? Questionnaires, entretiens, réunions, études de cas? Quelle méthode pour quel résultat ?

Voici les éléments cités pour les différents projets présentés :

Pour TAPAS :

  • Questionnaire pour comprendre les freins des plateformes;
  • Création de lien de confiance au sein de la communauté avec une régularité dans les relations et des retours intermédiaires;
  • Séances prévues avec l’invitation d’acteurs tiers pour présenter leurs actions, faire avancer de manière plus concrète les projets et envisager des partenariats.


Pour ACTTES :

  • Guide de questionnements à chaque fois avec la présentation de questions croisées;
  • Analyse croisée de cas pour trouver des éléments qui résonnent d’un cas à l’autre et donnant ensuite lieu à une nouvelle itération;
  • Approfondissement, entretiens venant des questions des autres initiatives avec des réunions et des journées consacrées à une montée progressive en réflexivité;
  • Aide à une prise de recul des acteurs (“un pas de côté”), pour réfléchir à l’histoire des initiatives.


Pour La Coop des communs :

  • Il n’y a pas une méthode pour un résultat;
  • Chaque groupe détermine sa façon de travailler;
  • Les groupes n’ont pas forcément intérêt à révéler les enseignements de terrain ou les enseignements de différentes disciplines entre elles;
  • On retrouve cela dans plusieurs groupes, ex service public personne qui ne connaissent pas le service public. Ce sont des mélanges de genre.
  • Le rôle du système d’information que nous avons tenté de concevoir le plus accessible et harmonisé pour les groupes, même si ceux-ci sont autonomes dans leur travail leur interconnexion est essentielle afin de pouvoir capitaliser sur les infos.


Concernant la soutenabilité des initiatives, quelles réflexions critiques quant au mode actuel de la recherche par projet ? Ne serait-il pas aussi question de réfléchir aux alternatives de financement et de gouvernance et des relations avec les instituts de recherche (tiers-secteurs mais aussi d’autres initiatives à créer ?)

Nicole Alix mentionne qu’un élément compliqué concerne les financements pour la mise en relation. Entretenir des communautés, arriver à faire en sorte que les personnes échangent sont des éléments à l’interstice entre la recherche et l’action qui ne sont pas pris en considération et demandent du temps qu’il est de fait difficile de financer. Des réflexions portent aussi sur l’éducation populaire et sur la constitution et l’entretien de la communauté. Une communauté ne se développe pas de facto, l’entretien de la confiance est un travail en tant que tel et qui n’est pas du tout financé.

Geneviève Fontaine fait la distinction entre le tiers-secteur de la recherche et une volonté de “renverser l’université”, et le programme ACTTES. Pour La Coop des communs, la dynamique proposée est celle de la rencontre, de l’écoute et du partage de pratiques et de connaissances. La Coop des communs est un espace assez facilitant car il est bienveillant sachant que ce sont des personnes physiques présentes et non pas des institutions. À chaque fois, ce sont des rencontres entre personnes pour faire du lien.

Par ailleurs, les principaux freins rencontrés dans la coopérative TETRIS concernent la reconnaissance, qu’il s’agit d’un acteur produisant de la connaissance et non pas seulement un acteur de terrain. Par exemple, il ne devrait pas y avoir des différences de financement lorsqu’on a l’agrément jeune entreprise universitaire.

Nicole précise qu’au sein de La Coop des communs, les débats portés par les laboratoires de recherche ou bien sur la Loi de programmation pluriannuelle de la recherche ne sont pas amenés. C’est autant un atout qu’une difficulté (incompréhensions spontanées, temporalité).

Guillaume Compain précise également que La Coop des communs permet la création de réseaux d’acteurs qui, après, trouvent des complémentarités donnant naissance à d’autres projets.

 

Pour aller plus loin :
Geneviève Fontaine, « Les Clubs Cigales : un commun de la finance territoriale ? » (RECMA 2020), avec une étude de cas sur les Cigales de la Métropole de Lyon. jeromtrot@yahoo.fr